Epiphanie et l’origine de la galette des rois

EpiphanieCélébrée le 6 janvier. Fête chrétienne qui célèbre le Messie venu et incarné dans le monde et qui reçoit la visite et l’hommage des rois mages.

« Jusque dans les années 1960, l’Epiphanie était un jour férié qui tombait le 6 janvier. Le partage du gâteau était souvent célébré le 5 au soir. Mais le Vatican II (1962-1965) a décidé que l’Épiphanie serait célébrée le premier dimanche suivant le 1er janvier. »

—> Diverses coutumes sont observées à cette occasion. En France, depuis le Moyen Âge, une galette des Rois, gâteau contenant une fève, est partagée ce jour-là. Celui qui trouve la fève dans sa part de galette est surnommé « roi ».

« Il est difficile de ne pas faire le lien avec les Saturnales de l’époque romaine: un roi était élu et donnait des gages. Durant ces fêtes, au moment du solstice d’hiver, maîtres et esclaves étaient sur un pied d’égalité et tout le monde mangeait à la même table. « 

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Galette des rois : Galette traditionnellement vendue et consommée en France, au Québec, en Acadie, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et au Liban à l’occasion de l’Épiphanie. Dans le Sud de la France, la galette des Rois est nommée gâteau des Rois : une brioche de forme torique, parfumée à l’essence de fleur d’oranger et recouverte de sucre et de fruits confits.

« Le partage de la galette n’a rien à voir avec la religion. Cela faisait partie des célébrations autour du solstice d’hiver, propice aux divinations. Les chrétiens la mangent lors de l’Épiphanie et la célébration des rois mages. Cependant luthériens, calvinistes et certains catholiques se sont opposés à cette coutume païenne, comme le prouve les discours du chanoine de Senlis en 1664, qui n’approuvait pas le côté festif de la galette. »

—> Il y avait des couronnes dès le XVe siècle, en plomb et étain avec dessus le nom des Mages et des fleur de lys. Or elles ne servaient pas pour ‘le roi boit’. En fait, elles protégeaient les pèlerins et voyageurs, à l’image des rois mages, leurs saints patrons.

« L’élection d’un roi ou d’un gagnant remonte au moins aux Saturnales romaines. La coutume du ‘roi boit’ a été attestée dès le XIVe siècle. Et ‘tirer un roi’ était commun dès le Moyen-Âge, le 5 janvier. Normalement, celui qui trouvait la fève devait payer sa tournée à la tablée. Certains prétendent que les plus avares avalaient la fève afin de ne pas débourser d’argent. C’est ainsi que serait née la fève en porcelaine, pour que le ‘roi’ craigne de l’avaler. »

legumineuse histoire feve

—> Légumineuse originaire d’Afrique et d’Asie, la fève apparue en Egypte vers 2000 avant JC, elle fut longtemps la base de la nourriture populaire. Sa forme embryonnaire et sa primeur lui conféraient un fort pouvoir symbolique. Pour toutes les civilisations de l’antiquité, elle était le symbole de la fécondité et du bonheur, et faisait partie des aliments offerts au cours des rites lors du mariage.

« La fève fait partie des symboles du solstice d’hiver. C’est le premier légume qui pousse au printemps. Surtout, ce légume, comme l’oeuf, contient un embryon. En vieillissant, il donne la vie. La fève est très importante, notamment chez les Grecs (elle contenait l’âme des morts selon les pythagoriciens) et les Romains. Ces derniers jetaient des fèves dans le dos les 9, 11 et 13 mai pour chasser les ombres des morts. »

—> Au moyen âge, les corporations de métiers utilisent la fève comme jeton de vote pour choisir « un roi » chargé de les représenter auprès de l’autorité seigneuriale ou ecclésiastique.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle on voit arriver sur le marché français de minuscules poupées de porcelaine, les « baigneurs », fabriquées en Saxe.

feve en porcelaine

En 1874, un pâtissier eut l’idée de remplacer la fève végétale par ces sujets.

« En 1875 apparaissent les fèves en porcelaine de Saxe. En 1913, celles des ateliers de Limoges. Au début, il s’agissait de poupées, puis de baigneurs puis de bébés emmaillotés, signe de fécondité. Ont suivi des symboles de chance et des animaux. Au début du XXème siècle, un Monsieur Lion lance une fève en forme de lune avec au dos le nom et l’adresse de son commerce. C’est donc la 1ère fève publicitaire. En 1960, les 1ères fèves en plastique apparaissent. Moins chères, elles prennent le pas sur la porcelaine. Bien sûr, il y a eu des santons, qui permettaient de recréer une crèche. De nos jours, il n’y a plus aucun lien avec la crèche! »

Après la Première Guerre Mondiale, la ville de Limoges va prendre le relais de la production allemande et ce jusqu’à l’arrivée de la fève en plastique qui remplaça quasi complètement les fèves en porcelaine.

En 1989, se prépare en Haute Saône, une petite révolution : Joseph Perron, VRP auprès des boulangers pâtissiers a l’idée de donner de la couleur aux fèves en porcelaine blanche, d’apporter de la diversité et créer de nouveaux sujets pour célébrer à sa façon le bicentenaire de la révolution.

—> La fève devient objet de collection

« La coutume du partage est ancienne. La pâtisserie change en fonction de la région et du pays. Ainsi au Danemark, une amande est cachée dans du riz bouilli. En France, chaque région à son gâteau: « gâteau des rois » en Provence, en Aquitaine et en Languedoc, « pogne » ou « épogne » dans le Dauphiné, « garfou » ou « galfou » en Gascogne et Béarn, « galette des rois » en Ile-de-France, « Dreykönigskuchen » en Alsace… Certains sont fourrés à la frangipane, mais d’autres sont briochés, à la fleur d’oranger, aux fruits secs… »

« Sous la Révolution française, hors de question d’élire un roi ! Cependant, pas question de ne pas partager de gâteau non plus.

—> Est donc née la « galette de la Liberté » ou « de l’égalité », sans fève ni roi. C’est sur ce principe qu’est célébrée au palais de l’Élysée la galette des rois, depuis Valéry Giscard d’Estaing. »

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Nadine Cretin, historienne des fêtes spécialisée en anthropologie religieuse (et auteur de nombreux livres), explique dans l’Express : les phrases entre  » et en italiques sont tirées de l’article.

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La galette telle que nous la connaissons aujourd’hui est née d’un différend qui opposa au XVème siècle boulangers et pâtissiers. Chacune des 2 corporations voulait obtenir le monopole de la fabrication du gâteau symbolique. Ce furent les pâtissiers qui l’emportèrent auprès du roi François 1er. Mais il resta permis aux boulangers de faire quelque chose.

Ceux-ci jouèrent sur les mots : ils inventèrent la galette, qu’ils offraient gracieusement à leurs clients, le jour de l’Epiphanie. Chaque galette cachait une fève. Il fut admis que celui qui la découvrirait dans sa part devait à son tour offrir une galette identique (qu’il payait cette fois) afin d’en régaler ceux avec lesquels il avait partagé la première.

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Sources : Wikipédia, l’express, prime, web

Auteur : Lani

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