Gilles de Rais, de Jeanne d’Arc à tueur en série

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Personnage historique :

Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles(portrait imaginaire par Éloi Firmin Féron, 1835).

Aucune représentation iconographique ne s’est faite durant son vivant

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais (ou, selon la graphie contemporaine, Gilles de Retz) en référence à son titre de baron de Retz, né au château de Champtocé-sur-Loire à une date inconnue durant 1404 ou 1405, mort le 26 octobre 1440 à Nantes, est un chevalier et seigneur de Bretagne, d’Anjou, du Poitou, du Maine et d’Angoumois.

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Actif durant la seconde phase de la guerre de Cent Ans qui mêle conflit contre le royaume d’Angleterre et guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons, Gilles de Rais se rallie au camp du roi Charles VII et du grand chambellan Georges Ier de La Trémoille. Le baron de Rais est ainsi amené à combattre les Anglais aux côtés de Jeanne d’Arc. Au cours de leurs campagnes militaires communes, Gilles contribue notamment à la levée du siège d’Orléans avant d’être promu maréchal de France le 17 juillet 1429, jour du sacre royal de Charles VII à Reims.

Après la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432 et la disgrâce de son cousin Georges de La Trémoille en 1433, le maréchal de Rais se retire progressivement de la guerre contre les Anglais et leurs alliés bourguignons. Il se voit accusé par sa famille, et notamment par son frère cadet René de La Suze, de dilapider son patrimoine en aliénant ses terres au plus offrant afin de pallier ses fastueuses dépenses.

Biographie en 4 parties sur Wikipédia

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La recherche d’argent commença à obséder Gilles de Rais. Il en fut réduit à vendre ses biens privés. Inquiets, les membres de sa famille réagirent. En 1435, un édit du roi interdisait à quiconque de commercer avec lui.
Désespéré, il se tourna alors vers l’alchimie. Il fit venir d’Italie Franco Prelati, un jeune clerc, qui se révéla être un parfait illusionniste.
Cependant, il fut capable de convaincre Gilles de Rais qu’il était capable de fabriquer de l’or.

salle d'alchimie

Salle d’alchimie reconstituer au château de Tiffauges

Après avoir vendu ses fiefs et seigneuries, il essaye de les reprendre par la force. C’est précisément en essayant de récupérer par les armes un de ses châteaux, cédé à un religieux, qu’il s’aliène le duc de Bretagne et l’évêque de Nantes.
Ces hommes puissants causeront sa perte.

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Pédophile et tueur d’enfants :

Nous pouvons situer approximativement la date des premiers crimes vers les années 1432 – 1433. En l’année où Jean de Craon, seigneur de Suze, aïeul de Gilles de Rais décéda c’est-à -dire le 15 novembre 1432, la folie meurtrière de ce dernier commença. A la tête d’un clan d’assassins, Gilles de Rais tuait en chaque résidence qu’il possédait, Champtocé, la maison de Suze à Nantes et enfin les châteaux de Tiffauges et de Machecoul.

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Il dit avoir, pour son plaisir et selon sa volonté, fait tout le mal qu’il pouvait. Tels des monstres assoiffés de sang, les demeures du maréchal de France se refermèrent comme des mâchoires sur de jeunes garçons qui avaient eu le malheur de demander l’aumône.

Chaque fois un même personnage est évoqué, il est vêtu d’un long manteau noir et d’un voile sur le visage, lors du procès, ce personnage sera reconnu comme Gilles de Sillé, compagnon de Gilles de Rais. Un second personnage doit être évoqué, il s’agit de Poitou qui entra au service de Gilles de Rais comme page et qui sera en 1437, chambrier du maréchal, il est alors âgé de moins de 20 ans. Il égorgera souvent les victimes pour son maître. Un troisième personnage, le parisien Henriet Griard entre au service de Rais, il sera mis au courant des agissements du maître par Poitou.

Un jeune enfant, le frère du peintre Thierry, disparaît. C’est Poitou qui charge Henriet de la triste besogne. En octobre 1437, Gilles de Rais demande à Gilles de Sillé d’enlever d’une tour proche de la salle basse de la forteresse les ossements de 40 enfants et de les brûler.
Le 16 juin 1438, Jean Servant et sa femme se plaignent de la disparition de leur fils âgé de 9 ans. Le 24 juin, un écolier de 12 ans, Jean, fils de Jeanne Degrepie disparaît lors de la fête de la Saint Jean. Le 26 juin, disparition de Jean Hubert âgé de 14 ans. Août 1438, le fils de Jean Fougere disparaît, il était âgé de 12 ans. En septembre, les fils de Peronne Loessart âgé de 10 ans et de Jean Bernard, 12 ans disparaissent.

Lorsque l’on commença à s’apercevoir de ces disparitions d’enfants le peuple d’abord crut à des accidents, des noyades dans les rivières et les étangs. Mais très vite comme aucun corps ne fut trouver on abandonna cette hypothèse. Les gens parlaient entre eux et différentes rumeurs se rependirent sur Gilles de Rais.

En 1440, une enquête officielle est menée sur les affaires de Rais.

Le 15 septembre 1440, Gilles de Rais est arrêté et emmené à Nantes avec ses plus fidèles serviteurs.
Trois jours après s’ouvrent ses deux procès : Il comparait devant la justice civile, rendue par le duc et le parlement de Bretagne, et devant la justice ecclésiastique, représentée par l’évêque de Nantes.

Les deux procès, dont les séances sont publiques, se tiennent au même moment, mais dans des lieux différents et en alternance. Ils ont chacun leurs juges, leurs enquêteurs et leurs notaires.

rais proces  manuscrit du procès de gilles de rais

Le procès de Gilles de Rais et les manuscrits originaux du procès

Le tribunal séculier reproche au prévenu sa félonie, c’est-à-dire le refus d’obéir au duc de Bretagne, son suzerain, dans la prise du château, et des assassinats d’enfants.

De son côté, le tribunal ecclésiastique juge Gilles de Rais pour hérésie, sorcellerie avec évocation des démons, viol de l’immunité de l’Église lors de l’enlèvement du malheureux clerc entré en possession de l’un de ses châteaux, et enfin pour sodomie.

C’est à ce dernier titre que l’évêque s’intéresse aux crimes d’enfants qui sont pour le reste du ressort de la justice civile.

Lors du procès, Henriet et Poitou déclarent se souvenir d’avoir livré chacun une quarantaine d’enfants, avant de les assassiner pour assouvir des sodomitiques passions. Il est dit qu’avant de perpétrer ses débauches sur lesdits garçons et filles et afin d’empêcher leurs cris, et d’éviter qu’ils soient entendus, Gilles de Rais les a parfois accrochés avec ses propres mains, parfois il les fit accrocher par le cou par d’autres, avec des cordes ou des crochets dans sa chambre. Puis ils les relâchaient, les soulageant, les assurant qu’il n’avait pas voulu leur nuire ou les blesser, mais au contraire, il prétendait vouloir seulement jouer avec eux. De cette manière, les enfants soulagés ne pleuraient plus.

Gilles de Rais faisait démembrer les enfants par des complices, parfois il exposait les entrailles à l’air libre ou écrasait les têtes à l’aide d’une massue armée de clous ou encore, après leur avoir tranché la gorge, il se masturbait sur les veines du cou ou de la gorge, et sur le sang giclant. Parfois encore, ils les violaient alors qu’ils étaient dans la langueur de la mort mais à la seule condition qu’il y ait encore quelque chaleur dans leurs corps.

La vue du sang portait le Maréchal de Rais au plus haut degré de l’excitation sexuelle. Poitou confirma qu’il ne perdait rien de l’agonie de ses victimes.

Lors du procès, Gilles de Rais précisa qu’il avait plus de plaisir au meurtre des enfants, à contempler leurs têtes et leurs membres séparés, à les regarder languir et à regarder leur sang couler, qu’à les connaître charnellement.

Nouvelle étape dans l’horreur : Quand les enfants étaient morts, il les embrassait et il donnait à contempler ceux qui avaient les plus belles têtes et les plus beaux membres, ensuite il faisait cruellement ouvrir leur corps et se délectait de leurs organes intérieurs. De plus, dit-il, quand les enfants mouraient, il s’asseyait sur leur ventre et prenait plaisir à les contempler mourir tout en riant …

A la fin de cette orgie, les serviteurs nettoyaient de ce jeune sang frais, les salles du château tandis que Gilles de Rais allait se reposer. Les cadavres étaient ensuite brûlés dans une vaste cheminée.

Grâce à son statut, son rang et ses titres, peut-être pense-t-il échapper à la justice : que valent ces rumeurs face à un maréchal de France ?

Le 19 novembre 1440, les débats s’ouvrent, 49 articles forment l’acte d’accusation. Gilles de Rais ne reconnaît pas la cour comme compétente et vocifère à ses juges les sobriquets de ribauds et de simoniaques. Les plaignants se succèdent accusant Gilles d’être le responsable de la disparition de leurs enfants, on parle à ce moment précis d’évocations de démons.

Le 15 Octobre 1440, coup de théâtre, Gilles de Rais accepte la compétence de la cour et reconnaît ses crimes à l’exception de l’évocation du démon.
16 Octobre 1440, témoignage de Prelati.
17 Octobre 1440, Témoignage de Blanchet, d’Henriet et de Poitou.
20 Octobre 1440, les juges demandent la torture pour Gilles de Rais.
21 Octobre, Gilles parlera mais ne veut pas subir la torture.

Confession de Gilles de Rais : Prelati et Gilles de Rais avouent les évocations de démons. Gilles de Rais implore le pardon de Dieu et s’excuse auprès des enfants qu’il a honteusement torturés. Le 23 octobre, la cour prononce la condamnation à mort de Gilles et de ses complices Poitou et Henriet.

Le 25 Octobre, c’est au tour de la cour ecclésiastique de condamner à mort Gilles de Rais pour évocation de démons et « d’avoir perpétré le crime et le vice contre nature selon la pratique sodomite ».
Gilles de Rais supplie à genoux selon la proposition de l’église d’être réincorporé dans cette dernière. Il demandera d’être brûlé avant ses serviteurs Poitou et Henriet, eux aussi condamnés à mort, on lui accordera cette grâce.

Execution de Gilles de Rais

Le 26 Octobre 1440, Gilles de Rais est pendu et ensuite livré aux flammes, ensuite, on retirera son corps pour qu’il soit enterré par quatre ou cinq dames de Grand état. Le corps de Gilles de Rais sera déposé en l’église de Notre Dame du Carmel de Nantes.

350 ans plus tard, les révolutionnaires détruiront son tombeau.

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Gilles de Rais était-il coupable ?

Bien qu’aucune preuve ne vienne étayer l’innocence de Gilles de Rais, quelques historiens ont mis en doute sa culpabilité.
Dans son livre Plaidoyer pour Gilles de Rais, Jean-Pierre Bayard présente Gilles de Rais comme une victime de l’Inquisition. Tous les corps n’ont pas été retrouvés, mais dans les souterrains du château de La Suze-sur-Sarthe qui a appartenu à Gilles de Rais, près de 50 crânes humains auraient été découverts quelque temps après le procès.

Plaidoyer pour Gilles de Rais Broché – Parution de 2018 – Eds. Dualpha – Fnac

Gilles de Rais est un personnage dont le destin a intrigué et fasciné les écrivains, les dramaturges et des musiciens. Parmi ces passionnés de vérité et de justice : Voltaire, et aux XIXe et XXe siècle, Huysmans, Salomon Reinach, Maurice Garçon, et, en 1992, Jean-Pierre Bayard dans son Plaidoyer pour Gilles de Rais, Maréchal de France. Nombreux sont ceux qui considèrent sa condamnation comme une erreur judiciaire et se battent pour la réhabilitation posthume du compagnon de Jeanne d’Arc. Ainsi, un collège d’arbitres a décidé au Sénat le 9 novembre 1992 que le Maréchal, combattant émérite, n’avait commis aucun crime. Victime d’un complot destiné à le perdre et à s’emparer de ses biens, il avait (neuf ans après Jeanne) été sacrifié à la vengeance des Anglais vaincus. Certes, l’homme d’armes n’était pas sans reproches. Replié dans ses châteaux après la disparition de l’héroïne, il s’était adonné à l’alchimie, science favorisant l’éclosion de rumeurs. Jean-Pierre Bayard a écrit plusieurs ouvrages traitant de la Symbolique, tout en s’imprégnant des légendes, du folklore mondial et des thèmes initiatiques. Ingénieur des Travaux publics, docteur en lettres (maçonologie) de l’Université de Haute Bretagne, Jean-Pierre Bayard tient à la plus grande rigueur.

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Reportage Telerama-Monde : Gilles de Rais, le saigneur du château.

Compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, Gilles de Rais a fini égorgeur d’enfants. A Tiffauges, des milliers de touristes visitent chaque année son château, surnommé « la forteresse de Barbe-Bleue »…

De Luc Desbenoit – Publié le 19/08/2011 et mis à jour le 01/02/2018.

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Film, Monstrum de  Éric Dick  – Avec Didier Brice, Cédrick Spinassou, Erik Maillet

Synopsis et détails :
Interdit aux moins de 12 ans

1440, château de Machecoul en Basse-Bretagne… Depuis des mois, Gilles, est aux abois. Lui, Baron de Rais, issu de la puissante et riche famille des Laval, apparenté aux Thouars, voit fondre sa fortune. Les différentes campagnes de guerre menées, pour le compte du Roi Charles VII, contre l’Anglais lui ont coûté très cher bien qu’un titre de Maréchal de France lui ait assuré belle renommée. Sa chapelle des Saints-Innocents, la plus belle sélection d’enfants de chœur du royaume entraîne des dépenses conséquentes… Mais il ne peut vivre sans leurs voix d’anges.

Le train de vie de sa maison avec un personnel incalculable, festins à répétitions est plus que somptueux mais Gilles veut afficher sa nombreuse suite et s’amuser.

Son vif intérêt pour le théâtre, est une passion onéreuse. Le spectacle en plein préparatifs qu’il doit présenter, dans quelques semaines, à Orléans pour l’anniversaire de la libération de la ville par Jeanne d’Arc, est colossal, avec près de 600 comédiens et de nombreux décors… Le coût de cette mise en scène est astronomique… Chaque jour ce sujet d’argent l’angoisse.

Certes, pour s’en procurer du frais, Gilles a commencé, il y a déjà longtemps, à vendre et engager ses seigneuries malgré l’opposition de ses proches dont il dilapide la fortune familiale ….mais il lui faut toujours plus d’or ! Tous ses espoirs sont maintenant dans l’alchimie, la sorcellerie, l’évocation des démons avec son jeune compère, le clerc Franco Prélati…

Mais évidemment cela ne le sauvera pas de la ruine !

Son coup de force sacrilège contre le curé Le Ferron met en marche la Justice ecclésiastique. Quant à la Justice séculière…des rumeurs circulent, son nom est mêlé à des disparitions d’enfants !

Les débordements sexuels et les extravagances criminelles de Gilles de Rais vont le mener au bout de son terrifiant destin….

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Sources : Wikipédia, heresie, gillesderais-barbebleue, dinosoria, fnac, telerama, allocine

Auteur : Lani

"Blogueuse/webmaster" amateur pour Nico & Mariana avec un site professionnel les mettant en valeur et la pleine lumière sur leur chaîne.