La légende slave « Baba Yaga » & contes

BRAVO à Sophie L. et Judith K. qui rejoignent Florie & Caroline pour l’enquête à Fougeret cet été.

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Baba Yaga est un célèbre personnage des légendes slaves qui apparaît souvent dans de nombreux contes russes ou polonais.
En général elle est décrite comme une vieille sorcière mais dans quelques récits elle apparait aussi comme une jeune et belle femme.
En fait elle vieillirait d’un an à chaque fois qu’on lui pose une question mais elle a la possibilité de rajeunir en buvant une décoction de roses bleues parfois apportées par les voyageurs. Elle a une jambe constituée uniquement d’un os sans chair.

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C’est une ogresse qui dévore les voyageurs et en particuliers les jeunes enfants, grâce à sa bouche qui s’étire du sol jusqu’aux portes de l’enfer et garnie de dents d’acier. Toutefois en dépit de son appétit vorace elle est maigre comme un squelette.Elle se déplace en volant accroupie dans un mortier magique tout en s’aidant d’un pilon comme d’un gouvernail et elle efface soigneusement ses traces avec un balai taillé dans du bouleau argenté. Chaque fois qu’elle apparaît, un vent sauvage commence à souffler, les arbres gémissent et les feuilles tourbillonnent dans les airs. Hurlante et gémissante, une foule d’esprits l’accompagnent.

 

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Sa maison est étonnante : c’est une petite cabane en bois juchée sur deux pattes de poulet qui peut éventuellement se déplacer. Dans certaines légendes elle n’a pas ni porte ni fenêtre mais on peut les faire apparaître en prononçant une phrase magique. La barrière de l’enclos est constitué d’os humains surmontés de cranes dont les orbites brillent dans la nuit. Le portail est fait lui aussi d’os humains et la serrure ressemble à une bouche garnie de dents pointues et acérées. Quand un visiteur entre dans sa cabane, Baba Yaga lui demande s’il est venu de son plein gré ou s’il a été envoyé.

Baba Yaga règne sur les éléments. Ses serviteurs fidèles sont le Cavalier Blanc, le Cavalier Rouge et le Cavalier Noir.

Dans certaines histoires elle a deux sœurs plus âgées, qui sont également appelés Baba Yaga (dénommées la 1ère, la 2ème et la 3ème) , juste pour vous embrouiller l’esprit ! …

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Baba Yaga, le film (Allocine)

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De Caradog W. James – Avec Katee Sackhoff, Lucy Boynton, Jordan Bolger

Jess est une artiste de renom. Si en apparence tout semble lui sourire, elle rencontre de sérieuses difficultés avec sa fille de 17 ans, Chloé, avec qui elle ne parvient plus à communiquer. La jeune femme est convaincue d’être hantée par une entité démoniaque qui annonce sa présence en frappant deux fois aux portes : un premier coup avant de vous tourmenter, un second coup avant de vous emporter en enfer. Alors que Jess tente de ramener Chloé à la raison, d’étranges phénomènes commencent à survenir …

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Baba Yaga (conte russe)

Dans la maisonnette d’un village vivait une petite fille qui n’avait plus de maman. Son père, qui était déjà assez vieux, se remaria mais il ne sut pas bien choisir. Sa nouvelle femme n’était pas une vraie maman, c’était une marâtre. Elle détestait la petite fille et la traitait mal. « Comment faire pour m’en débarrasser ? » – songeait la marâtre.
Un jour que son mari s’était rendu au marché vendre du blé, elle dit à la petite fille :
– Va chez ma soeur, ta gentille tante et demande-lui une aiguille et du fil pour te coudre une chemise.
La petite fille mit son joli fichu rouge et partit. En route, comme elle était maligne, elle se dit : « J’ai une gentille tante, c’est vrai, mais qui n’est pas la soeur de ma marâtre : c’est la soeur de ma vraie maman. J’irai d’abord lui demander conseil. »
Sa tante la reçut avec beaucoup de plaisir.
– Tante, dit la petite fille, la femme de mon papa m’a envoyée chez sa soeur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise. Mais d’abord, je suis venue te demander, à toi, un bon conseil.
– Tu as eu raison. La soeur de ta marâtre n’est autre que Baba-Yaga, la cruelle ogresse ! Mais écoute-moi : il y a chez Baba-Yaga un bouleau qui voudra te fouetter les yeux, noue-le d’un ruban. Tu verras une grosse barrière qui grince et qui voudra se refermer toute seule, mets-lui de l’huile sur les gonds. Des chiens voudront te dévorer, jette-leur du pain. Enfin, tu verras un chat qui te crèverait les yeux, donne-lui un bout de jambon.
– Merci bien, ma tante, répondit la petite fille.
Elle marcha longtemps puis arriva enfin à la maison de Baba-Yaga. Baba-Yaga était en train de tisser.
– Bonjour, ma tante.
– Bonjour, ma nièce.
– Ma mère m’envoie te demander une aiguille et du fil pour qu’elle me couse une chemise.
– Bon, je m’en vais te chercher une aiguille bien droite et du fil bien blanc. En attendant assieds-toi à ma place et tisse.
La petite fille se mit au métier. Elle était bien contente. Soudain, elle entendit Baba-Yaga dire à sa servante dans la cour :
– Chauffe le bain et lave ma nièce soigneusement. Je veux la manger au dîner.
La petite fille trembla de peur. Elle vit la servante entrer et apporter des bûches et des fagots et de pleins seaux d’eau. Alors elle fit un grand effort pour prendre une voix aimable et gaie et elle dit à la servante :
– Eh ! ma bonne, fends moins de bois et pour apporter l’eau, sers-toi plutôt d’une passoire !
Et elle donna son fichu à la servante.
La petite fille regardait autour d’elle de tous les côtés. Le feu commençait à flamber dans la cheminée. Il avait beau être un feu d’ogresse, sa flamme était vive et claire. Et l’eau commençait à chanter dans le chaudron ; et bien que ce fût une eau d’ogresse, elle chantait une jolie chanson. Mais Baba-Yaga s’impatientait. De la cour, elle demanda :
– Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ?
– Je tisse, ma tante, je tisse.
Sans faire de bruit, la petite fille se lève, va à la porte… Mais le chat est là, maigre, noir et effrayant ! De ses yeux verts il regarde les yeux bleus de la petite fille. Et déjà il sort ses griffes pour les lui crever.
Mais elle lui donne un morceau de jambon cru et lui demande doucement :
– Dis-moi, je t’en prie, comment je peux échapper à Baba-Yaga ?
Le chat mange d’abord tout le morceau de jambon, puis il lisse ses moustaches et répond :
– Prends ce peigne et cette serviette, et sauve-toi. Baba-Yaga va te poursuivre en courant. Colle l’oreille contre la terre. Si tu l’entends approcher, jette la serviette, et tu verras ! Si elle te poursuit toujours, colle encore l’oreille contre la terre, et quand tu l’entendras sur la route, jette le peigne et tu verras !
La petite fille remercia le chat, prit la serviette et le peigne et s’enfuit. Mais à peine hors de la maison, elle vit deux chiens encore plus maigres que le chat, tout prêts à la dévorer. Elle leur jeta du pain tendre et ils ne lui firent aucun mal.
Ensuite, c’est la grosse barrière qui grinça et qui voulut se refermer pour l’empêcher de sortir de l’enclos ; mais la petite maligne lui versa toute une burette d’huile sur les gonds et la barrière s’ouvrit largement pour la laisser passer. Sur le chemin, le bouleau siffla et s’agita pour lui fouetter les yeux ; mais elle le noua d’un ruban rouge ; et voilà que le bouleau la salua et lui montra le chemin. Elle courut, elle courut, elle courut.
Pendant ce temps, le chat s’était mis à tisser. De la cour, Baba-Yaga demanda encore une fois :
– Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ?
– Je tisse, ma vieille tante, je tisse, – répondit le chat d’une grosse voix.
Furieuse, Baba-Yaga se précipita dans la maison. Plus de petite fille !
Elle rossa le chat et cria :
– Pourquoi ne lui as-tu pas crevé les yeux, traître ?
– Eh ! – dit le chat, – voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais donné le plus petit os, tandis qu’elle m’a donné du jambon !
Baba-Yaga rossa les chiens.
– Eh ! – dirent les chiens, – voilà longtemps que nous sommes à ton service, et nous as-tu seulement jeté une vieille croûte ? Tandis qu’elle nous a donné du pain tendre !
Baba-Yaga secoua la barrière.
-Eh ! – dit la barrière, – voilà longtemps que je suis à ton service et tu ne m’as jamais mis une seule goutte d’huile sur les gonds, tandis qu’elle m’en a versé une pleine burette !
Baba-Yaga s’en prend au bouleau.
– Eh ! – dit le bouleau, – voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais décoré d’un fil, tandis qu’elle m’a paré d’un beau ruban de soie !
– Et moi, – dit la servante, – à qui pourtant on ne demandait rien, et moi, depuis le temps que je suis à ton service, je n’ai jamais reçu de toi ne serait-ce qu’une loque, tandis qu’elle m’a fait cadeau d’un joli fichu rouge !
Baba-Yaga sauta dans un mortier, et jouant du pilon, effaçant ses traces avec son balai, elle s’élança à travers la campagne. La petite fille colle son oreille contre la terre : elle entend que Baba-Yaga approche. Alors elle jette la serviette, et voilà que la serviette se transforme en une large rivière !
Baba-Yaga fut bien obligée de s’arrêter. Elle grince des dents, roule des yeux jaunes, court à sa maison, fait sortir ses trois boeufs et les amène ; et les boeufs boivent toute l’eau jusqu’à la dernière goutte ; et Baba-Yaga reprend sa poursuite. La petite fille est loin. Elle colle l’oreille contre la terre ; elle entend le pilon sur la route ; elle jette le peigne… Et voilà que le peigne se change en une forêt touffue ! Baba-Yaga essaie d’y entrer, de scier les arbres avec ses dents.. Impossible !
La petite fille écoute : plus rien. Elle n’entend que le vent qui souffle entre les sapins verts et noirs de la forêt. Pourtant elle continua de courir très vite parce qu’il commençait à faire nuit, et elle pensait : « Mon papa doit me croire perdue ».
Le vieux paysan était revenu du marché. Il avait demandé à sa femme :
– Où est la petite ?
– Qui le sait ! – répondit la marâtre. Voilà trois heures que je l’ai envoyée faire une commission chez sa tante.
Enfin, la petite fille, les joues plus roses que jamais d’avoir couru, arriva chez son père. Il lui demanda :
– D’où viens-tu, ma petite ?
– Ah ! , dit-elle. Petit père, ma mère m’a envoyée chez ma tante chercher une aiguille et du fil pour me coudre une chemise ; mais ma tante, figure-toi que c’est Baba-Yaga, la cruelle ogresse !
Et elle raconta toute son histoire. Le vieil homme était en colère. Il prit son fusil de chasse et tua la marâtre.
Depuis ce temps, la petite fille et son père vivent en paix. Je suis passé dans leur village ; ils m’ont invité à leur table, le repas était très bon et tout le monde était content.

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Baba Yaga et Tishka

Il était une fois un vieil homme et une vieille femme. Ils étaient mariés depuis cinquante ans, mais ils n’avaient pas d’enfant pour égayer leurs vieux jours, personne pour leur apporter une tasse de thé ou fendre le bois pour le feu, personne qui pourrait s’occuper d’eux quand ils déclineraient. Ils en étaient très tristes.

Un jour, ils ramassèrent une bûche, l’emmaillotèrent dans une couverture de flanelle, et la mirent dans un berceau. La nuit, ils la berçaient en lui chantant des chansons.

Un matin, ils entendirent un cri en provenance du berceau, et ils trouvèrent, enveloppé dans la couverture, un beau petit garçon. Ils l’appelèrent Tishka. Tishka grandit de jour en jour, faisant la joie de ses parents.

Quand Tishka fut assez grand, son père lui construisit une, petite barque pour aller pêcher. Tishka partait chaque matin à la pèche, et chaque après-midi, sa mère se tenait sur la rive du  lac et appelait :

« Tishka, Tishka, voici ton déjeuner. Il est temps de débarquer ! »

Tishka ramait jusqu’au rivage, et pendant qu’il mangeait, sa mère apportait le poisson à la maison. Un jour, la mère de Tishka lui dit de faire bien attention à Baba Yaga, une méchante sorcière qui vivait non loin de là. Tout le monde avait peur de Baba Yaga parce qu’elle enlevait les petits enfants pour les manger.

« Alors Tishka, si tu m’en crois, ne la laisse pas s’approcher de toi ! »

À peine sa mère eut-elle tourné les talons que Baba Yaga apparut sur la rive et cria de sa voix stridente :

« Tishka, Tishka,  voici ton déjeuner. Il est temps de débarquer ! »

Tishka était bien petit, mais il était malin. Alors il cria en retour :

« Ce n’est pas là la voix de ma mère. Ne serait-ce pas plutôt Baba Yaga, la sorcière ? »

Lorsqu’elle entendit cela. Baba Yaga entra dans une colère terrible. Elle courut chez le forgeron et lui demanda de lui forger une fine langue de métal pour que sa voix devienne aussi mélodieuse que celle de la mère de Tishka. Elle retourna alors sur la rive du lac et appela de sa nouvelle voix :

« Tishka, Tishka, voici ton déjeuner. Il est temps de  débarquer ! »

Et cette fois Tishka revint sur le rivage. Baba Yaga bondit de derrière un arbre, attrapa Tishka, et le fourra dans un vieux sac de toile. Puis elle courut dans la forêt jusqu’à sa hutte. La hutte tourna sur ses pattes de poulet, et la porte s’ouvrit.

Tout en hissant le sac de toile en haut de l’échelle, Baba Yaga cria à sa fille :

« Regarde ce que j’ai ramené pour le souper ! »

Et elle tira Tishka hors du sac.

« Fais-le cuire à point, dit-elle, je serai bientôt de retour. »

Puis elle sauta dans son mortier et son pilon, et s’envola. La fille de Baba Yaga demanda à Tishka de grimper sur la pelle à enfourner et de s’y installer sans bouger, puis elle se prépara à le glisser dans le four.

Mais Tishka était plus malin  qu’elle. Il se contorsionna de telle façon qu’elle n’arriva pas à l’enfourner.

«  Reste tranquille ! hurla-t-elle. Baisse la tête ! Rentre les bras ! »

« Je n’y arrive pas ! dit Tishka. Montre-moi, s’il te plaît. »

La fille de la sorcière monta sur la pelle pour montrer à Tishka comment faire. Elle s’accroupit et se recroquevilla sur elle-même afin de pouvoir passer par l’ouverture.

Aussitôt, Tishka la poussa dans le brasier et referma les portes du four. Il sauta hors de la maison aux pattes de poulet et grimpa dans un vieux chêne qui se trouvait près de là. À peine s’était-il caché au milieu des feuilles que Baba Yaga revint.

Elle passa par la cheminée, puis elle se mit à manger, en fredonnant joyeusement après chaque bouchée. Quand elle fut bien rassasiée, elle alla faire un petit tour dehors et se roula dans l’herbe en chantant :

« Ce Tishka fut bien vite enlevé, encore plus vite avalé. »

Et du sommet de l’arbre, Tishka cria :

«  Ta fille fut bien vite attrapée. Je suis content que tu l’aies appréciée. »

Baba Yaga leva la tête et aperçut Tishka dans le chêne. Elle devint verte de rage, elle frappa du pied et toute la forêt tressaillit.

Les branches oscillèrent et tremblèrent sous sa colère. Elle essaya de broyer l’arbre de Tishka, de le casser en deux avec ses mâchoires. Mais le vieux chêne était si gros et si coriace qu’elle s’y brisa toutes les dents. Alors elle retourna chez le forgeron pour qu’il lui forge des dents en fer. Cette fois-ci, quand elle mordit dans le vieux chêne, il se mit à trembler, à craquer et à se fendre.

Au sommet de l’arbre, Tishka interpella un vol d’oies :

« S’il vous plaît, chères oies, prenez-moi sur vos ailes et ramenez-moi à la maison ! »

Mais les oies répondirent :

« Coa, coa, nous sommes trop fatiguées. Il y a d’autres oies qui arrivent. Elles n’ont qu’à te prendre ! »

Tishka regarda au-dessous de lui. Baba Yaga avait presque fini de ronger le tronc de l’arbre. Encore un coup de dents, et l’arbre allait s’abattre.

Un nouveau vol passa et Tishka cria :

« S’il vous plaît, chères oies, prenez-moi sur vos ailes et ramenez-moi à la maison. Vous aurez toute la nourriture que vous voudrez. »

Mais les oies répondirent :

« Coa, coa, derrière nous, il y a un vilain oison affamé. Il t’emmènera. »

L’arbre vacillait, il était sur le point de tomber. Baba Yaga grimaçait et se léchait déjà les babines.

Le vilain oison arriva, et Tishka appela :

« S’il te plaît, cher oison, prends-moi sur tes ailes et ramène-moi à la maison. Tu auras toute la nourriture que tu voudras. »

Le vilain oison eut pitié et il étendit ses ailes pour que Tishka puisse monter. L’arbre s’abattit alors qu’ils s’envolaient, laissant Baba Yaga seule avec sa fureur.

Quand Tishka et l’oison arrivèrent chez eux, ils trouvèrent les parents de Tishka qui se lamentaient en pleurant :

« Où ? Où ? Où est notre fils, notre Tishka ? »

Et Tishka répondit :

« Me voici ! Me voici ! Voici votre fils, votre Tishka ! »

Les parents de Tishka l’embrassèrent, et leur joie fut infinie. Ils ne pouvaient plus s’arrêter d’embrasser et de caresser leur fils et son sauveur, l’oison. Tishka tint sa promesse :

L’oison fut si bien soigné qu’il devint bientôt une oie magnifique qui volait en tête de toutes les autres, car elle  allait plus vite et plus haut qu’elles.

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Vassilissa et Baba Yaga

Un vieil homme et sa femme vivaient avec leur fille Vassilissa.

Un jour, la mère tomba malade et, avant de mourir, elle donna à sa fille agée de huit ans une petite poupée en lui disant que si elle auvait besoin d’aide, elle devrait la nourrir et lui demander conseil. De plus elle ne devrait sous aucun prétexte la montrer à quelqu’un.
Après la mort de sa femme, le vieil homme se remaria avec une veuve qui avait deux filles croyant qu’elle ferait une bonne épouse et une mère de famille avisée. Mais toutes trois devinrent très rapidement jalouses de Vassilissa qui était très belle. Un jour que le vieil homme était parti au marché sa belle-mère envoya , à la tombée de la nuit, Vassilissa chez la Baba Yaga chercher des éclats de bouleau pour éclairer leur maison.
La Baba Yaga est une sorcière qui vit au fond d’une forêt obscure. Vassilissa mit la poupée dans sa poche et partit. Elle arriva à une cabane en bois posée sur des pattes de poules et entourée d’une clôture de pieux surmontés de crânes. Le portail était fait d’os de jambes humaines et la serrure, de dents. La Baba Yaga surgit alors de la forêt, volant dans son mortier qu’elle dirigeait à l’aide d’un pilon, tout en effaçant ses traces avec son balai.

Vassilissa lui expliqua ce qu’elle voulait et la sorcière lui dit qu’elle devait d’abord travailler pour mériter sa récompense.
Commença une série de travaux bien évidemment irréalisables : décortiquer le grain, trier des graines de pois et de pavot. Pourtant, en deux nuits, avec l’aide de la poupée, Vassilissa s’acquitte de ces tâches. Vassilissa a maintenant compris que la sorcière n’a nullement l’intention de la laisser partir. Aussi, pendant son sommeil, Vassilissa s’enfuit-elle, prenant sur la clôture un crâne aux yeux luisants. Dans sa course à travers la forêt, elle est doublée par trois cavaliers, l’un en blanc, représentant la lumière du jour, un autre en rouge représentant le soleil levant et le dernier en noir représentant la nuit profonde. Ils la guident sur son chemin.

Quand elle rentra chez elle, sa belle-mère et ses soeurs lui arrachèrent le crâne des mains. Ses yeux brillants se posent sur elles et les réduisent en cendres. Seule Vassilissa est indemne. Le lendemain matin, elle enterre le crâne profondément et un rosier aux fleurs rouge sombre pousse au-dessus. Vassilissa vit désormais dans la paix et le confort avec son père, conservant toujours la petite poupée dans sa poche, au cas où elle aurait encore besoin d’elle.

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La Baba Yaga et Filiouchkla (extrait)

Il était une famille où il y avait 3 frères : l’ainé s’appelait Mouton, le second Bouc et le benjamin Filiouchka. Un jour, tous trois partirent vivre dans une forêt où leur grand-père était gardien. Laissant leur plus jeune à l’aïeul, Mouton et Bouc s’en furent chasser. Or Filiouchka n’en faisait jamais qu’à sa tête, et il était aussi leste et rapide que le grand-père était lent et maladroit. Filiouchka, donc, eut envie de manger une pomme. Échappant au grand-père, il fila au jardin et grimpa dans le pommier. A peine y était-il que, montée dans son mortier de fer, un pilon à la main, la Yaga brune surgissait. D’un bon elle fut sous le pommier et dit : « Bonjour, Filiouchka ! Que vient tu faire ici ? – Je veux une pomme ! – Tiens, mon petit, prends la mienne ! – Elle est pourrie ! – En voici une autre ! – Elle est véreuse ! – Allons, Filioushka, cesse ! ». Il avança la main. La Yaga brune en profita pour le saisir et le pousser de force dans son mortier. Puis elle partit au galop à travers buissons, bois et ravins, fouettant furieusement le mortier de son pilon.
Alors, Filiouchga, revenu de sa surprise, se mit à crier :  » Bouc, Mouton, accourez-vite ! La Yaga m’emporte par-delà les monts escarpés, par delà les sombres forêts, par delà les steppes aux oies sauvages ! »
Bouc et Mouton étaient en train de se reposer. L’un était couché à même la terre et il lui sembla entendre crier : « Couche-toi contre terre ! dit-il à l’autre. – Oh, mais c’est notre Filiouchka qui appelle au secours ! « . De toutes leurs jambes, de toutes leurs forces, ils se mirent à courir et firent tant et si bien qu’ils rattrapèrent la Yaga brune et lui arrachèrent Filiouchka. On ramena le fugitif au grand-père qui en perdait la raison, et on leur fit à tous deux force recommandations. Voilà les frères repartis. Mais Filiouchka ne put s’empêcher de courir à nouveau au pommier, trompant une fois de plus le pauvre grand-père. Il n’était pas grimpé dans l’arbre que devant lui se tenait la Yaga brune, une pomme à la main :  » Non, tu ne m’abuseras pas, mauvaise ! – Écoute Filiouchka, la pomme, je te la lance, tu n’as qu’à l’attraper ! – Bon, envoie ! ». La Yaga lança la pomme de telle façon qu’il fut obligé de se pencher. Comme il avançait le bras, la Yaga brune le saisit et à nouveau, fila à travers monts, vallées et sombres forêts. Cette fois, elle le ramena jusqu’à chez elle, le lava, le bichonna et l’enferma dans le coffre. Au matin, s’apprétant à partir pour la forêt, la Yaga recommanda à sa fille :  » Tu feras chauffer le poêle au rouge et tu me feras cuire Filiouchka pour le diner ! », et elle se mit en chasse. La fille fit chauffer le poêle puis, s’emparant de Filiouchka, elle le ligota et le posa sur la pelle. Mais quand elle voulu l’enfourner, il s’arc-bouta contre la paroi du poêle de toute la force de ses jambes :  » Pas comme cela Filiouchka ! dit la fille de la Yaga brune – Et comment alors ? J’sais pas, moi ! – Attends, je vais te montrer ! « , et elle s’allongea comme il faut sur la pelle, Filiouchka qui n’était pas si bête, la saisit en un tournemain et la lança dans le poêle, dont il referma soigneusement la porte.
Au bout de deux ou trois heures, sentant une odeur de brûlé, Filiouchka ouvrit la porte et sorti sa victime rôtie. Il l’enduisit de graisse, la posa sur un plat qu’il recouvrit d’un linge, et rangea le tout dans le coffre. Puis il grimpa dans la soupente du toit sans oublier de prendre avec lui le mortier et le pilon de la Yaga. A la nuit tombante, la Yaga brune arrive, fouille le coffre, en retire le rôti. Quand elle eut tout bien mangé, elle rassembla les os. les disposa par terre sur une rangée et se mit à danser dessus. Pour ce qui est de sa fille, elle ne s’en inquiétait pas, pensant que celle-ci était allée filer dans une autre isba. Tout en dansant, la Yaga rythmait ces mots […]

Couverture du livre : Contes populaires russes tome I

Contes populaires russes tome 1

Afanassiev (Auteur) – Lise Gruel-Apert (Traduction) – Paru en janvier 2009

Editions Imago – 384p. – Fnac

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Sources : Wikipédia, mythologica, allocine, russievirtuelle, ptitclic, gruel-apert, fnac

Auteur : Lani

"Blogueuse/webmaster" amateur pour Nico & Mariana avec un site professionnel les mettant en valeur et la pleine lumière sur leur chaîne.