La vraie histoire de Noël

Diffusé le 18/12/2017 – Noël

*****

Noël est une fête d’origine romaine célébrée chaque année, majoritairement dans la nuit du 24 au 25 décembre ainsi que le 25 toute la journée. En tant que fête chrétienne, elle commémore la naissance de Jésus de Nazareth.

Avant la christianisation de l’Occident, elle était appelée Dies Natalis Solis Invicti et correspondait au jour de naissance de Sol Invictus. La date du 25 décembre a été fixée comme grande fête du soleil invaincu (Sol Invictus) par l’empereur romain Aurélien qui choisit ainsi comme date le lendemain de la fin des Saturnales mais qui correspond aussi au jour de naissance de la divinité solaire Mithra. Aurélien souhaite en effet unifier religieusement l’empire, en choisissant cette date il contente les adeptes de Sol Invictus et du culte de Mithra tout en plaçant la fête dans la continuité des festivités traditionnelles romaines.

La 1ère mention d’une célébration chrétienne à la date du 25 décembre a lieu à Rome en 336,  le christianisme s’ajoute ainsi à la liste des religions rendant un culte à Noël. À la suite de l’édit de Thessalonique interdisant les cultes païens, la fête de Noël (du latin Natalis) devient même exclusivement chrétienne.

Noël devient une des fêtes chrétiennes les plus importantes durant la période médiévale et est diffusée dans le reste du monde lors de la colonisation et de l’occidentalisation contemporaine. Néanmoins, sa célébration n’étant pas exigée par des sources bibliques et conservant toujours de nombreux éléments païens, elle est rejetée par les groupes chrétiens les plus radicaux.

*****

Le culte de Mithra : Mythologie Romaine

Le mithraïsme est un culte à mystères apparu probablement pendant le IIème siècle av. J.-C. en Perse. Durant les siècles suivants il se propage dans tout l’Empire romain et atteint son apogée durant le IIIème siècle.

 Statue de Mithra, Musées du Vatican

Mithra est un dieu étranger à la péninsule italienne, cependant les Romains, en particuliers les soldats, l’ont vénéré au point que certains empereurs souhaitaient en faire le dieu de l’Empire.

—> Selon un récit reconstruit à partir des images et de quelques témoignages écrits, le dieu Mithra nait d’une pierre (la petra generatrix) près d’une source sacrée, sous un arbre lui aussi sacré. Au moment de sa naissance il porte le bonnet phrygien, une torche et un couteau.

Adoré par les pasteurs dès sa naissance, il boit l’eau de la source sacrée. Avec son couteau, il coupe le fruit de l’arbre sacré, et avec les feuilles de cet arbre se confectionne des vêtements. Il rencontre le taureau primordial alors que celui-ci paît dans les montagnes. Il le saisit par les cornes et le monte, mais, dans son galop sauvage, la bête le fait tomber. Mithra continue à s’accrocher aux cornes de l’animal, et le taureau le traîne pendant longtemps, jusqu’à ce que l’animal n’en puisse plus. Le dieu l’attache alors par les pattes arrière et le charge sur ses épaules. Ce voyage de Mithra avec le taureau sur ses épaules se nomme « transitus« .

Mithra  Mithra du British Museum

Quand Mithra arrive dans la grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui annonce qu’il devait faire un sacrifice, et le dieu, soumettant le taureau, lui enfonce le couteau dans le flanc. De la colonne vertébrale du taureau sort du blé, et de son sang coule du vin. Sa semence, recueillie par la lune, produit des animaux utiles aux hommes. Arrivent alors le chien qui mange le grain, le scorpion qui serre les testicules du taureau avec ses pinces, et le serpent.

 

Mithra sacrifiant le Taureau

(100-200 apr. J.-C.)

Collection Borghese, achat par le Louvre en 1807

 

 

 

 

Mithra et le taureau, fresque de la ville de Marino.

 

 

 

La transmission du culte est orale selon un rituel transmis d’initié à initié et non sur des écritures sacrées. Ceci explique que faute de documentation écrite, l’étude du culte de Mithra repose principalement sur l’analyse et l’interprétation de l’iconographie qui décore les lieux de culte présumés : les mithræa.

—> Le mithræum type comporte trois parties :

  • l’antichambre
  • le spelæum ou spelunca (la grotte), grande salle rectangulaire décorée de peintures et 2 grandes banquettes le long de chaque mur pour les repas sacrés
  • le sanctuaire, au fond de la grotte, dans lequel se trouve l’autel et l’image (peinture, bas-relief ou statue) de Mithra donnant la mort au taureau.

Des mithræa ont été découverts dans beaucoup de provinces de l’Empire romain dont la plus grande concentration se trouve dans la capitale, Rome. Mais on en a découvert dans des lieux éloignés tels que le nord de l’Angleterre, la Palestine ou encore sur la frontière orientale de l’Empire à Doura Europos (Est de la Syrie).

À la fin du IVème siècle, l’empereur Théodose entreprend d’éradiquer les religions autres que le christianisme. À la suite d’un décret de 391 les temples non-chrétiens sont détruits ou transformés en églises, ce décret constitue l’arrêt de mort du mithraïsme.

*****

Les fêtes païennes :

Les fêtes de Noël existaient déjà bien avant la naissance de Jésus et depuis l’antiquité. Les peuples de la terre célébraient, de diverses manières, le passage du solstice d’hiver, reflétant le triomphe final de la lumière sur les ténèbres.

Avant que le 25 décembre ne devienne officiellement la fête de la nativité de Jésus, on dénombrait 66 fêtes païennes qui célébraient le passage victorieux de la lumière sur les ténèbres.

Les saturnales :

Du 17 au 20 décembre, les Romains célébraient le « règne de Saturne », dieu des semailles et de l’agriculture, en mangeant, en buvant et en offrant des cadeaux aux enfants (des anneaux, vêtements …). Cette fête était synonyme de liberté et du « monde à l’envers ».

Durant cette période, les esclaves devenaient maîtres et les maîtres devenaient esclaves, permettant aux Romains de mieux comprendre le mode de vie de leurs esclaves.

La dernière journée donnait lieu à des festins pour lesquels les maisons étaient décorées de plantes vertes.

La fête des Fous :

Au moyen âge, les saturnales laissent place à cette fête. Elle se déroulait le 25 décembre le jour de la nativité, ou le 6 janvier pour le jour de l’An ou l’Epiphanie.

Ce seul jour renverse les valeurs de la société et de l’Eglise Catholique : les domestiques prenaient la place des maîtres, la foule mettait à l’envers les habits sacerdotaux, parodiait les messes, blasphémait…

Cette fête, interdite à plusieurs reprises, disparut définitivement au XVème siècle.

La fête de la nativité :

Jusqu’au IIIème siècle, la naissance du Christ était célébrée le 6 janvier pour l’Epiphanie (Fête des rois). Toutefois les évangiles n’ont jamais fait état d’une date de naissance en particulier pour Jésus.

C’est le Pape Liberos qui fixera une fois pour toute la naissance du Christ au 25 décembre pour supprimer les fêtes païennes présentes à cette période de l’année.

*****

Avec l’avènement du christianisme, ces expressions de cultes dédiés aux dieux païens ont commencé à déranger. L’Église s’attacha très tôt à dissuader ces pratiques, tentant même d’associer l’image du sorcier vêtu de peaux de bêtes à celle de Satan. Pourtant, les croyances étant tenaces dans la population, on continua à adorer l’Esprit de la forêt, et ce jusqu’au XVIème siècle dans certains endroits.

Aucun texte chrétien ne précise quel jour dans l’année est né Jésus-Christ. Noël ne fait pas partie des fêtes suivies par les 1ers chrétiens et ne figure pas dans les listes publiées par Irénée de Lyon et Tertullien. Étant donné que, d’après les récits bibliques de Noël, les troupeaux sont dehors avec leurs bergers, on peut en déduire que la naissance de Jésus ne s’est pas située en hiver.

Les 1ers chrétiens ne fêtaient donc pas la naissance de Jésus-Christ comme le font les chrétiens d’aujourd’hui. Théologiquement, la royauté du Christ n’étant pas de ce monde, certains comme Origène (milieu du IIIème siècle) refusent de célébrer cette naissance comme il était ainsi fait à l’époque pour un souverain temporel (roi, empereur, pharaon, reine).
Il aura fallu attendre plus de 3 siècles et demi pour que Noël devienne une fête religieuse officielle et encore 2 siècles pour que cette fête soit généralisée.

Article détaillé sur Noël à travers les siècles sur Wikipédia.

*****

Durant la période de Noël il est de coutume d’offrir des cadeaux et d’exprimer sa solidarité envers les démunis. Le don est présent dans de nombreuses traditions, comme celle de servir un repas au premier pauvre croisé au jour de Noël. La popularité de cette fête a fait que Noël est devenu un patronyme et un prénom dans de nombreuses langues parlées par les peuples chrétiens.

Noël est redevenue généralement une fête profane où des membres d’une même famille se retrouvent et s’échangent des cadeaux entre eux selon un rituel très répandu en Occident : décoration de son habitation et de l’arbre de Noël, installation, le soir du 24 décembre pour le réveillon de Noël, de bas sur la cheminée ou des chaussures de tous les membres de la famille au pied de l’arbre, ouverture des cadeaux quelques heures après, souvent le matin du 25 décembre, repas constitué d’une dinde de Noël et se terminant par une bûche de Noël, etc.

Ce rituel se retrouve également à l’échelle d’une population locale avec la décoration des rues et vitrines de magasins des villes et villages dès le début du mois de décembre, la venue du père Noël sur les marchés ou dans les écoles maternelles, ou en janvier par la galette des Rois, qui fête l’arrivée des rois mages auprès de l’enfant Jésus.

Ces traditions sont très largement admises et partagées par la majorité des chrétiens pratiquants qui personnalisent leur fête religieuse par l’ajout d’une crèche et, pour les catholiques, la célébration de la Nativité pendant la messe de minuit. Quelques-uns y voient cependant un détournement de la fête de Noël. Déchristianisé, ce jour devient, pour certaines familles, la fête où les parents célèbrent leurs enfants : ils manifestent leur amour par des cadeaux « sans raison » (contrairement aux anniversaires).

*****

Le visage actuel du Père Noël trouve sans doute sa 1ère incarnation dans une publicité de la compagnie américaine Coca-Cola diffusée en 1931. C’est le dessinateur Haddon Sundbloom (cf. article « Origine du Père-Noël) qui a immortalisé ainsi cette figure légendaire. Le Père Noël porte désormais tunique et pantalon rouges, tendus sur un ventre rebondi.

Le Père Noël conçu en sol américain s’est répandu en Europe après la Deuxième Guerre mondiale, mais on note encore des différences dans les coutumes entre les deux continents, et même entre les régions.

Bien qu’il fasse la joie des enfants, le Père Noël n’a plus grand-chose à voir avec le Saint grave et sage et ce qu’il incarnait à l’origine.

Dans nos sociétés, c’est avant tout un outil de marketing.

*****

Crèche de Noël :

Dans la religion chrétienne, la crèche de Noël est une mise en scène dans différents arts en 3 dimensions (essentiellement la sculpture et le théâtre) de la Nativité, c’est à dire de la naissance de Jésus de Nazareth, sous forme de personnages immuables, avec en 1ier lieu la Sainte Famille et surtout l’Enfant-Jésus dans la crèche (qui désigne une mangeoire) d’une étable ou d’une grotte.

Cette iconographie originelle s’enrichit progressivement avec différentes formules scéniques, personnages (bergers, anges, Rois mages) et animaux (bœuf, âne, moutons, chameaux) entourant l’Enfant-Jésus nu dans son auge, son berceau ou sur la paille.

Les crèches de Noël vivantes se développent en Europe à partir du XIIIème siècle dans le cadre d’un des aspects saillants de la théologie des Frères mineurs, le christocentrisme, à la suite de la réalisation d’une crèche vivante par François d’Assise à Greccio, en Italie, la nuit de Noël. À la fin du XVIème siècle, les Jésuites, conscients du pouvoir de la célébration de la Nativité, multiplient dans toute la chrétienté les crèches en modèle réduit telles que nous les connaissons aujourd’hui, s’en servant de catéchèse* dans le cadre de la Contre-Réforme.

(*catéchèse : transmission orale du message de Jésus-Christ et de l’Église)

Les crèches de Noël permettent à la piété populaire de s’exprimer lors de cérémonies liturgiques ou paraliturgiques. Dans le cadre de la laïcisation de la fête de Noël, les crèches ne s’exposent plus seulement dans les églises mais aussi dans les maisons et les bâtiments publics.

Article détaillé sur les origines de la crèche, et à travers les siècles sur Wikipédia. Et ici les différents types de crèches.

*****

Christkindel – Père Fouettard – Hans Trapp :

Ces 3 personnages font également partie du mythe de Noël.

On associe à l’image du Christkindel une jeune femme douce tout de blanc vêtu et représentant la féerie des nombreuses légendes alsaciennes. Elle est souvent accompagnée du père fouettard ou du Hans Trapp afin de faire peur aux enfants. Des personnages légendaires que l’on voit de moins en moins qui punissent les enfants, avaient pour objectif d’effrayer les enfants, et d’en faire des anges dans cette période de l’avent.

La messe de minuit :

En cette veillée de fête et d’attente elle représente la délivrance ainsi que la joie et l’acclamation à la vierge ayant donnée naissance à l’enfant Jésus.

Les marchés de Noël :

Les marchés de Noël sont la tradition de l’Alsace et apparaissent en même temps que le début de l’avent.
Au début les marchés de Noël ne se faisaient que dans les grandes villes, actuellement ils s’étendent jusque dans nos campagnes afin d’y apporter la magie. Ces derniers sont souvent animés par des crèches vivantes et les légendes de Noël.

Le marché de Noël de Strasbourg Sentez la bonne odeur des marrons grillés et de vin chaud …

L’épiphanie et les rois mages :

Fêtée le 6 janvier, la venue des rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar chargés des présents qui sont l’or, l’encens et la myrrhe reconnaissent par ce geste la naissance du messie.
L’épiphanie devenue la fête des rois est symbolisée par une galette où l’on cachera une fève afin de trouver le roi ou la reine de la journée.

—> Une tradition très enfantine perdure, en effet en général c’est un enfant qui distribuera les parts de gâteau. Étant caché sous la table il n’aura pu voir où se trouve la fève et désignera l’heureux élu de chaque part.

*****

Sources : linternaute, Wikipédia, noel-vert.com,apevouille79, Larousse, paindepices-lips

Auteur : Lani

"Blogueuse/webmaster" amateur pour Nico & Mariana avec un site professionnel les mettant en valeur et la pleine lumière sur leur chaîne.