L’après Ed Kemper

Diffusé en direct le 09 nov. 2017

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Nous l’avons vu, Edmund Kemper est le 1er tueur en série interrogé par des agents du FBI, profilers.

Nous ne pouvons parler « profiler » sans citer Stéphane Bourgoin, notre profiler français, qui rencontre des tueurs en série depuis 40 ans. A ce jour, il est le seul homme à s’être entretenu avec 77 serial killers, un peu partout dans le monde, dont Ed Kemper.

Sur planet.fr il confie lors d’une interview de mars 2016 :

« Imaginez, l’homme fait 2,15 mètres pour 165 kg, même avec 1,80 mètre j’étais tout petit. Nous étions séparés par une petite table. A un moment je lui ai posé une question qui ne lui a pas plu. Il s’est alors penché sur la table et a collé son nez contre le mien. Il m’a dit doucement : ‘pouvez-vous répéter la question ?‘ J’ai préféré ne pas la répéter », se rappelle Stéphane Bourgoin.

Comme beaucoup de psychopathe, Edmund Kemper a un QI plus élevé que celui d’Einstein. « Il avait beaucoup d’humour… morbide. Il rigolait, des dizaines d’années après les faits, en se rappelant comment il avait enterré les têtes décapitées de ses victimes dans le jardinet de sa mère qu’il haïssait tant « , note le spécialiste.

Mère qu’il a également tuée, puis décapitée avant de poser sa tête sur le manteau de la cheminée pour jouer aux fléchettes. Le tout avant de violer ce qu’il restait de son corps. Il est aujourd’hui toujours emprisonné en Californie.

Sur telez.fr il donne son avis sur la série Netflix « Mindhunter » lors d’une interview d’octobre 2017. Série où Cameron Britton joue le rôle de Kemper :

… « Par contre, à partir du 2ème épisode, j’ai tout à fait retrouvé ce que moi-même j’ai vécu puisque j’ai rencontré l’un des tueurs évoqués, Ed Kemper, et que j’ai un peu plus de 400 heures d’entretien avec lui. Ce qui est assez étonnant dans la série, c’est que l’acteur est très ressemblant ! »…

… « Par rapport à la réalité, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas la même intensité que j’avais moi-même ressentie. C’était beaucoup plus intense en vrai. Ed Kemper était moins consensuel qu’on le voit dans la série, et beaucoup plus bavard. Il lui est arrivé de me raconter un crime pendant trois jours. Il me décrivait l’odeur de l’herbe, le ciel, les vêtements et il faisait toute l’interaction entre la victime et lui-même. C’était assez stupéfiant. Par contre, quand je lui parlais d’un film qu’il avait vu à la télévision deux jours auparavant, il n’en avait gardé aucun souvenir. Sa mémoire était totalement sélective et dégagée de tout remords. »…

… »Ed Kemper a accepté sans le moindre problème de me parler. Les premiers jours, il était en effet un petit peu dans la provocation »…

… »Comme ce sont des psychopathes, des manipulateurs, des menteurs qui n’ont aucun remords et aucune empathie, il faut parvenir à créer un lien avec eux, sinon ils ne vont pas vous parler, ils ne vont pas vous raconter leurs crimes. »…

—> Au sujet des ses 400h d’entretien avec Kemper :

… »J’ai fait le tout premier documentaire de la télévision française sur les tueurs en série, qui date de 1991 et pour FR3 à l’époque, intitulé Serial killers, enquête sur une déviance. J’ai eu Ed Kemper mais aussi le BSU du FBI (Unité de sciences comportementales), qui a accepté pour la seule et unique fois qu’on filme une réunion de profilage sur une enquête en cours. »…

Sur bfmtv.com un article de mars 2013 « Sur la route du crime: les 5 plus grands « serial killers » portant sur une Expo. consacrée aux tueurs en série, BFMTV.com a interrogé Stéphane Bourgoin, organisateur de l’expo :

« > Numéro 1: Ed Kemper, à l’origine du personnage d’Hannibal Lecter.

Ed Kemper est accusé du meurtre de 10 personnes, dans les années 70. Il a commencé par ses grands-parents et terminé par sa mère. C’est l’homme qui est incarcéré depuis le plus longtemps aux Etats-Unis.

C’est le 1er tueur en série qui a été étudié en détail par l’unité des profiler du FBI à Quantico. Il inspire indirectement le plus grand serial killer fictif de l’histoire, Hannibal Lecter, dans Le Silence des agneaux le roman de Thomas Harris, dont est tiré le film. Le degré d’autoanalyse de ses propres crimes et sa mémoire sont effarants. Plus de 30 ans après, les souvenirs sont intacts, ce qui montre que le fantasme n’est pas parti. C’est comme un cinéphile qui se repasse sa séquence favorite en permanence.

Le meurtre de sa mère est le seul pour lequel il refuse de donner les détails complets. Il l’a tué à coups de marteaux dans le crâne, lui a tranché la gorge. Puis il l’a décapité, a arraché son larynx, qu’il a mis dans le broyeur du vide-ordure. Il s’est servi de la tête comme cible d’un jeu de fléchettes et a violé le tronc décapité. »

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Il existe une interview d’Edmund Kemper faite par Stéphane Bourgoin en 1984 :

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L’ogre de Santa Cruz – Stéphane Bourgoin – Editions Mereal

L'ogre de santa cruz

Quatrième de couverture :

 » Vers la fin je devenais de plus en plus malade, assoiffé de sang, et pourtant ces flots de sang m’emmerdent. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de voir. Ce que je désire ardemment, par contre, c’est assister à la mort, et savourer le triomphe que j’y associe, mon propre triomphe sur la mort des autres. C’est comme une drogue, qui me pousse à en vouloir toujours plus. Je veux triompher de ma victime. Vaincre la mort. Elles sont mortes et moi, je suis vivant. C’est une victoire personnelle.  »

Ainsi s’exprime Edmund Emil Kemper lors des dizaines d’heures d’entretiens inédits qu’il a accordés à Stéphane Bourgoin dans le pénitencier de Vacaville, en Californie, où il est emprisonné depuis 1974.

Interné à l’âge de 14 ans pour le meurtre de ses grands-parents, ce géant de deux mètres dix est relâché à 21 ans sur décision favorable des psychiatres. En l’espace de deux ans, il assassine, décapite, mutile six étudiantes, ainsi que sa mère et la meilleure amie de celle-ci, et il viole parfois les cadavres. En 1973, il se livre à la police.

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Avenue des géants – Marc Dugain – Editions Gallimard

Avenue des géants

Inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le terrible destin de Edmund Kemper -ici appelé Al Kenner – tueur en série qui défraya la chronique aux États-Unis.

Kenner connaît une enfance particulièrement difficile. Enfant de parents divorcés, il est confié à la garde de sa mère – une femme caractérielle, dominatrice, impulsive, maltraitante. À l’adolescence, il est envoyé chez ses grands-parents paternels, qui habitent une ferme en Californie. Il subit alors la tyrannie de sa grand-mère, copie conforme de sa mère. en pire.

Un jour, alors qu’il rentre d’une partie de chasse, Al abat froidement ses grands-parents. Aux policiers, il explique : « Je voulais juste voir ce que ça ferait de tuer grand-maman ». Bien qu’âgé de 16 ans, il est interné dans un hôpital psychiatrique pour adultes. Libéré à l’âge de 21 ans sur décision favorable des psychiatres, ce jeune homme – devenu un géant de 2,10 m – réussit à tenir ses démons en cage pour un moment. Il obtient un poste dans la Division des Autoroutes californiennes et prend un appartement à Alameda, près de Santa Cruz.

Al s’est toujours senti abandonné. C’est un être cassé, humilié, rejeté depuis sa plus tendre enfance. Quand son rêve de devenir policier s’écroule à cause de sa taille et de son poids, son sentiment d’injustice est à son paroxysme. Il doit se venger. Tuer. Violer. Démembrer. C’est avec une minutie effrayante qu’il prépare ses meurtres. Il va assassiner six jeunes auto-stoppeuses, toutes étudiantes à l’Université du comté de Santa Cruz. Il dépèce les victimes à la fois « par curiosité » et pour que les corps soient plus difficiles à identifier.

Il possède un stock de Polaroïds des cadavres, qu’il regarde souvent en fantasmant ; quand il ne ramène pas carrément leurs têtes en guise de trophées. Kenner sombre alors dans une forme grave de schizophrénie : le tueur sanguinaire semble complètement inséré dans la société, et passe même de long moment avec ses amis policiers qui lui racontent les difficultés de leur enquête sur le tueur en série qui sévit dans la région !

C’est après le meurtre de sa mère, en 1973, qu’il se livre à la police après trente heures de conduite sur les routes du Colorado. Au psychiatre, Kenner déclare : « Je voulais faire du mal à ma mère ». Il touche alors du doigt la clé du problème. Il élimine des femmes qu’il associe à sa mère : celle-ci travaillait à l’université, il choisit donc des étudiantes. Jugé responsable de 8 meurtres, Kenner est condamné à la prison à perpétuité.

Dans ce roman puissant et captivant Marc Dugain s’applique à décrire la figure du mal quand elle s’incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés, marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès.

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—> Dans la série « Mindhunter », l’acteur Cameron Britton incarne Edmund Kemper, enfermé dans la Prison d’État de Vacaville.

—> Marc Dugain s’inspire d’Edmund Kemper pour son roman « Avenue des géants » publié chez Gallimard en 2012.

—> Jacques Pradel « Ed Kemper, tueur en série et personnage de roman », émission « L’Heure du crime » sur RTL, le 17 avril 2012.

—> Stéphane Bourgoin « Serial Killers: Enquête mondiale sur les tueurs en série » paru en Juin 2011 chez Grasset.

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On ne naît pas tueur en série, on le devient !

Lani.

Sources : planet.fr, telez.fr, bfmtv.com, youtube, amazon, fnac

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Auteur : Ingrid Lani

Après RIP il me semblait normal de suivre Nico & Mariana dans leur nouvelle aventure. Fidèle depuis le 1er jour, modo + tipeuse + blogueuse pour un soutient sans faille et assumé.