Les origines du Père-Noël

Le père Noël est un personnage folklorique, archétypal et mythique lié à la fête de Noël, apparu dans sa représentation actuelle, au milieu du XIXème siècle en Occident, mais dont les racines profondes remontent à des rites et croyances antiques.

Il faut commencer par raconter l’histoire de St Nicolas, celui qui apporte encore dans le quart Nord-Est de l’Europe des cadeaux aux petits enfants le 6 décembre et qui a inspiré celui du Père-Noël moderne.

Saint Nicolas : évêque de Myre (Asie Mineure) au IVème siècle, devient dans une 2nde vie, dès le Moyen-Age, le bon Saint Nicolas protecteur des écoliers et bienfaiteur des enfants sages à la fin de l’année.

Mitre sur la tête, crosse à la main et habit ecclésiastique sur le dos, l’évêque Nicolas de Myre a, selon la légende, réalisé de nombreux miracles, notamment en ressuscitant 3 enfants coupés en morceaux par un cruel boucher (cf. article « Contes & Légendes).

Cet évêque venait en aide aux affamés, aux jeunes filles qui ne trouvaient pas de maris (en leur offrant une dot). Il protégeait les faibles, et les gens exposés au danger, comme les marins. Il défendait aussi les victimes d’injustice, si bien qu’on lui attribua également de nombreux miracles, faisant de lui, non seulement le Saint Patron des enfants, mais également celui des navigateurs, des prisonniers, des avocats et des célibataires !

L’empereur Dioclétien régnant alors sur toute l’Asie mineure poursuivit cruellement les chrétiens, entraînant ainsi l’emprisonnement de St Nicolas qui fut contraint de vivre, par la suite, un certain temps en exil. En 313, l’empereur Constantin rétablit la liberté religieuse, et St Nicolas put alors reprendre sa place d’évêque.

Saint Nicolas serait décédé un 6 décembre 343, victime de persécutions sous l’Empire Romain. Il fut enterré à Myre, mais ses ossements furent volés en 1087 par des marchands italiens qui les emportèrent à Bari en Italie. Et la date du 6 décembre aurait donc été choisie pour célébrer sa fête.

Saint Nicolas fut vénéré en Allemagne dès le Xème Siècle et la journée du 6 décembre fut ainsi choisie comme le jour de la fête des commerçants, des boulangers et des marins.

Une fois devenu Saint, Nicolas s’est implanté dans le Nord et dans l’Est de l’Europe (Lorraine, Pays-Bas) où il rend encore aujourd’hui visite aux enfants pour leur distribuer des friandises en leur demandant s’ils ont été sages, accompagné du Père Fouettard. Grâce aux colonies hollandaises débarquées sur le nouveau continent à partir du XVIIème siècle, Saint Nicolas s’est exporté aux Etats-Unis où il deviendra Santa Claus …

Des chrétiens américains ont alors repris la tradition à leur façon en rapprochant la venue de Saint Nicolas de la naissance du Petit Jésus, le 24 décembre : c’est la version moderne de la fête de la Saint-Nicolas. On est au XIXème siècle, le Père Noël est né.

Aujourd’hui, St Nicolas est fêté par un grand nombres de pays d’Europe : en France, Allemagne, Suisse, Luxembourg, Belgique, Hollande, Russie, Pologne, Autriche, … Dans la nuit du 5 au 6 décembre, il passe dans les maisons pour apporter aux enfants sages différentes friandises (fruits secs, pommes, gâteaux, bonbons, chocolats et surtout, de grands pains d’épices représentant le St Evêque). St Nicolas est souvent accompagné du Père Fouettard qui, vêtu d’un grand manteau noir avec un grand capuchon et de grosses bottes, n’a pas le beau rôle puisqu’il distribue des coups de triques aux enfants pas sages et donne aussi parfois du charbon, des pommes de terre et des oignons.

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Le miracle des 3 enfants a tellement marqué les esprits que, sur la plupart des statues ou gravures représentant Saint Nicolas, on trouve également 3 minuscules enfants, accrochés à ses jambes.

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Nous venons de voir que  Nicolas de Myre est traditionnellement considéré comme le saint à l’origine du Père Noël, ce personnage cosmopolite est le fruit d’un mélange entre plusieurs traditions, contes, légendes et folklores.

Martyne Perrot (sociologue au CNRS et auteur) résume ce syncrétisme : « L’idée que le père Noël est américain est partiellement vraie car la construction de ce personnage est en fait liée à l’histoire des migrants newyorkais. C’est un personnage migrant, qui a pris un peu de tous les pays où il est passé et il est riche d’emprunts culturels divers. »

Noël renvoie au jour de la nativité, c’est à dire au jour de la naissance de Jésus : le père Noël est donc avant tout rattaché à une fête chrétienne. Pendant longtemps, on fêta la nativité et l’Épiphanie (fixée au 6 janvier) le même jour puis, vers la fin du IVème siècle, elles furent distinctes : le jour de Noël, le 25 décembre, est bel et bien une convention.

Avec l’arrivée de la chrétienté, il y eut plusieurs réformes pour essayer de supprimer les anciens rituels : en France, sous l’Ancien Régime, le 1er janvier est fixé comme 1er jour de l’année civile par l’édit du Roussillon du 09/08/1564, mais d’autres États l’avaient adopté auparavant, comme le Saint-Empire romain. Du côté de Lyon, avant cet édit, par exemple, l’année commençait justement le 25 décembre.

La légende de saint Nicolas est établie depuis le Moyen Âge. À Bari, on l’a vu, la relique aurait produit des miracles. Au XVIème siècle, la légende du saint s’enrichit avec le personnage du père Fouettard qui punit les enfants désobéissants. En France, à partir du XIIème siècle également, le « vieux » qui présidait ce cortège est par la suite appelé « Noël« .

Au XVIIIème siècle, l’idée de Noël comme jour sacré de la famille fait son chemin tant dans l’aristocratie que chez les bourgeois et les artisans. Au cours de la 1ère révolution industrielle, se met en place un processus qui associe cadeaux, commerce et moments de générosité envers les enfants : c’est l’invention de la vitrine pleine de jouets et du mythe de la cheminée, profondément urbaine.

Au moment de la Réforme, les protestants luthériens, qui rejettent le rôle patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l’enfant Jésus alors qu’aux Pays-Bas, saint Nicolas se transforme en un personnage semi-laïc « Sinter Klaas » par l’influence des huguenots. Au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps le personnage de l’enfant Jésus, alors que Santa Claus se charge de distribuer des cadeaux aux petits anglophones.

L’histoire du père Noël est donc très complexe.

Le père Noël est l’équivalent français du « Father Christmas » britannique, du « Santa Claus » nord-américain dont le nom est lui-même une déformation du « Sinterklaas » (saint Nicolas) néerlandais. Il est, par son apparence, en partie inspiré de Julenisse, un lutin nordique qui apporte des cadeaux, lors de la fête du milieu de l’hiver appelée la Midtvintersblot.

On le montre vers 1870-1890 en vieil homme habillé d’un manteau principalement vert et parfois bleu. Un peu avant 1914, il s’habille de rouge.

En 1821, le livre « A New-year’s present, to the little ones from five to twelve » (Un Cadeau pour le nouvel an aux petits de 5 à 12 ans) est publié à New York, il contient le poème anonyme « Old Santeclaus » qui décrit un vieil homme apportant des cadeaux aux enfants sur un traîneau tiré par des rennes.

—> Il s’agirait de Clément Clarke MOORE

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Le 23/12/1823, le journal « Sentinel » de Troy (État de New York) publie anonymement le poème « A Visit from St. Nicholas » dans lequel saint Nicolas est présenté comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par 8 rennes nommés respectivement : Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen).

—> Ce poème a joué un rôle très important dans l’élaboration du mythe actuel, reprenant les attributs de saint Nicolas (barbe blanche, vêtements rouges et hotte) mais troquant sa mitre, sa crosse et son âne pour un bonnet rouge, un sucre d’orge et un traîneau tout en se débarrassant du père Fouettard.  Il est repris les années suivantes par plusieurs journaux britanniques et américains puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

C’est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël » qui connaissent un gros succès.

En 1863, le journal new-yorkais « Harper’s Weekly » représente un Santa Claus vêtu d’un costume orné de fourrure blanche et d’une large ceinture de cuir. Pendant près de 30 ans, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal, décline ensuite par des centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus et donne au mythe ses principales caractéristiques visuelles : un petit bonhomme rond, vêtu d’une houppelande en fourrure, la pipe au coin de la bouche comme un Hollandais.

thomas_nast_257x257 Thomas Nast

C’est également Nast qui, dans un dessin de 1885, établit la résidence officielle du père Noël au pôle Nord.

Cette idée est reprise l’année suivante par l’écrivain George P. Webster qui précise que la manufacture de jouets et la demeure de Santa sont cachées dans la glace et la neige du pôle Nord.

En 1931, la firme Américaine « Coca-Cola »a eu le génie de demander à Haddon SUNDBLOM de dessiner ce vieux bonhomme (dont la renommée grandissait là-bas) en train de boire du Coca-Cola pour reprendre des forces pendant la distribution de jouets. Ainsi les enfants seraient incités à en boire durant l’hiver. Le dessinateur l’habilla aux couleurs de la célèbre bouteille de Coca Cola : rouge et blanc. Ce nouveau look et la renommée que lui valut la publicité, firent du vieux bonhomme le maître planétaire de la nuit magique, le Père Noël !

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Il y eu bien quelques mouvements de protestation de la part des Catholiques contre cette envahissante popularité, la nuit du 24 au 25 décembre étant à l’origine celle de l’enfant Jésus. Certaines manifestations allèrent même jusqu’à brûler l’effigie du Père Noël, mais tout rentra dans l’ordre au fil du temps.

En 1939, c’est un 9ème renne qui fut rajouté : Rudolf. Le renne qui fut chargé d’éclairer le chemin du père Noël grâce à son « nez rouge lumineux ». Le récit fut traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

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Sources : linternaute, Wikipédia, mespetitsbonheurs.com, noel-vert, google

Auteur : Lani

"Blogueuse/webmaster" amateur pour Nico & Mariana avec un site professionnel les mettant en valeur et la pleine lumière sur leur chaîne.

Une réflexion sur « Les origines du Père-Noël »